28/06/2009

Le temps des cerises !

Oui, les cerises évoquent en moi l’arrivée de l’été. La récolte bat son plein et j’invite les personnes, aimant ce fruit charnu délicieux, de couleur rouge plus ou moins foncé (plus rarement jaune), de le consommer dès à présent, et non à Pâques ou à Noël. Oui, consommons localement et de saison !


 


300px-Bing_Cherries_(USDA_ARS).jpgLes populations européennes connaissaient et mangeaient une variété de cerises autochtones, celle du merisier sauvage, déjà depuis au moins le IVe siècle av. J.-C. La sélection permettant peu à peu de sélectionner ceux aux fruits les plus gros et les plus sucrés, les plus précoces ou les plus succulents. Dans la Rome antique, le grand gastronome Lucullus parlait déjà de la « perle rouge », apportée de l’Asie Mineure. Par ailleurs, le nom italien « ciliegia » rappelle effectivement le nom de la région de Cilicie de cet archipel. En Turquie, on désigne la cerise par le mot « kiraz » qui vient du nom antique de la ville « Kerasous ».

En français cerise, en anglais cherry, en espagnol cereza, en allemand Kirsche et j’en passe, rappellent également le nom de cette ville. Par ailleurs, selon la statistique FAO de 2004, le quart de la production mondiale est récolté en Iran et en Turquie (475'000 tonnes) ; en comparaison, 50'000 tonnes en France, surtout dans le Sud-Est. De ces chiffres sont exclus ce que les oiseaux ont consommé et les cerises qui ont pourri sur l’arbre par manque de main d’œuvre ou par paresse.

Le prix d’un kg varie selon la région de Fr. 5.-- à Fr. 8.--. J’ai trouvé la semaine dernière en Provence sur le marché un kg d’excellente qualité affiché à 2.50 Euros. N’oublions pas qu’un kg d’abricots est plus vite cueilli qu’un kg de cerises avec les queues.

300px-Cherry_tree_blossoms.jpgJean Morelot de Fontenoy-le-Château rapporta de ses voyages en Asie Mineure des plants de cerisiers et fut anobli en 1585 par le duc de Lorraine ; lui sont octroyées des armes parlantes portant un « cerisier de sinople fruité de gueules ». En France, la cerise fut cultivé pour le commerce dès le haut Moyen Âge ; ses fruits délicats et sucrés étaient appréciés spécialement par Louis XV et, paraît-il, on lui doit l’optimisation et la culture intensive du cerisier. Aujourd’hui, 200 sortes sont répertoriées, mais seulement une douzaine cultivées.

En botanique, la cerise fait partie des drupes (à noyaux). Le bois de cerisier est apprécié par les ébénistes et pipiers.

Pour la santé : Question de régime, les cerises fournissent 68 kcal pour 100 g, ce qui est acceptable. Elles détiennent le record en β-carotène (400 mg pour 100 g), et sont très riches en vitamine A (vue), vitamine E (peau et vaisseaux sanguins), et sont légèrement laxatives. Elles contiennent des sucres (15 g pour 100 g, dont le lévulose), de la pectine (utile pour les confitures), de la vitamine C et du nitrate de potassium. Ce dernier lui donne des propriétés diurétiques et ses fibres stimulent le fonctionnement intestinal. En cas de consommation importante, il est fortement déconseillé de boire de l’eau, au risque d’avoir une appendicite (inflammation de l’appendice iléo-cæcal).

Il existe de multiples recettes locales de grands-mères !

Les plus appréciés de ces fruits juteux, parfois acidulés, sont les bigarreaux. Certaines variétés supportent mal le transport. Les cerises se consomment nature, au sirop (amarena), à l’eau de vie, p.ex. Basler- et Zuger-Kirsch (excellent accompagnement pour fondues ou en griottes), en confiture, en pâtisserie (qui ne connaît pas le clafouti ou la délicieuse tourte de Zoug), et même en tisane. Les pédoncules, ou queues de cerises, se préparent en décoction – peu agréable à boire – et sont utilisées notamment contre l’inflammation des voies urinaire, la cystite, la goutte et l’hydropisie.

Les cerises évoquent différentes choses. D'une part, elles rappellent, par leur couleur, le sang et le drapeau rouge, liés entre autres à la Commune, ce qui fait que la chanson demeure associée à l'idée de liberté, de solidarité, et de résistance face à l'oppression. D'autre part, les cerises renvoient au sucre et à l'été, et donc à un contexte joyeux voire festif.

Aussi, Cerisiers est une commune française, située dans le département l'Yonne de la région de Bourgogne.

Donc « le temps des cerises » fait penser aussi aux nombreux chanteurs qui l’ont interprété, tel que Yves Scheer, Charles Trenet, Yves Montand, Nana Mouskourri et j’en oublie, mais pas Barbara Hendricks (j’y reviendrai). La version interprétée par Yves Scheer de Jean-Baptiste Clément et Antoine Renard, antérieure à la Commune (1866-1868), ne devrait pas être un chant révolutionnaire, mais une chansonnette d'amour....

300px-Liberté.jpgPourtant, écrite sous le règne de Napoléon III, elle fut par la suite fortement associée à la Commune (Semaine Sanglante) de Paris, dédicacée par l’auteur - après coup - à une infirmière décédée lors de cette semaine et est devenu une chanson emblématique de la Gauche française. La cerise rappelle à merveille la couleur rouge-vive du drapeau, symbole du mouvement ouvrier, utilisé par les mouvements révolutionnaires, au cours de luttes sociales, et par des organisations syndicales, socialistes et communistes.

Mais le drapeau de la France est tricolore bleu, blanc, rouge est conformément à l’article 2 de la Constitution française de 1958 déclaré l’emblème national. Ce drapeau de proportions « deux fois trois » est fait de trois bandes verticales d’égale largeur ; il a été dessiné en 1794 par Jacques Louis David (1748-1825) à la demande de la Convention – mais ses origines sont plus anciennes et remontent aux trois couleurs de la liberté (14 juillet 1790), identiques aux trois couleurs utilisées par les différnts pavillons français d’Ancien Régime. Le drapeau tricolore est le pavillon officiel de la France depuis 1794, et le drapeau officiel des armées depuis 1812, à l’exception des périodes de Restauration (1814-1815 et 1815-1830).

Et pour conclure, la cerise sur le gâteau, la chanson « le temps des cerises », fut interprétée en janvier 1996 par la célèbre artiste Barbara Hendricks lors de l’hommage rendu au Président socialiste François Mitterand sur la place de la Bastille à Paris.

Onex, le 28 juin 2009 Bruno Mathis b.mathis@tele2.ch

 

09:43 Écrit par Etoile de Neige dans Genève | Tags : etoile de neige, bruno mathis | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Merveilleux article! Grand merci, Bruno!
Il n'y a vraiment rien à rajouter!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 28/06/2009

EdeN, un article à croquer...

(^¿°)

Et joli logo!

Écrit par : hommelibre | 28/06/2009

Merci John ... je retourne le compliment au sujet du logo, en disant que mon article me trottait depuis un certain temps dans la tête. Mais, il n'arrive pas à la cheville du vôtre et je suis stupéfait du nombre de vos articles créatifs. Quant à Luzia, il vaut mieux ignorer que pleurer. J'espère pour elle que cela soit de la provoc et non ...

Écrit par : Etoile de Neige | 28/06/2009

merci pour cet excellent article et pensez à venir écouter cette merveilleuse chanson qu'est "le temps des cerises" vous pouvez retrouver ma version sur mon site ainsi que sur youtube etc...

http://yvesscheer.e-monsite.com/

http://www.youtube.com/watch?v=oITpyNiift4

Écrit par : Yves Scheer | 25/07/2009

Salut Yves, merci pour ce compliment. Cela fait du bien ...
Quant à la chanson, quelle merveilleuse interprêtation. Bravo
Le temps pour croquer les cerises est en train de passer, mais pas l'amour !
L'étoile filante vous salue, oui je suis revenu chez moi en temps d'éclair pour repartir en prendre de la hauteur !

Écrit par : Etoile de Neige | 29/07/2009

*Yves, votre site ne fonctionne plus ! http://yvesscheer.e-monsite.com/

Écrit par : Etoile de Neige | 29/07/2009

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